Dette de l’Indépendance de 1825

Le New York Times a publié un article en mai 2022 sur la dette de l’indépendance d’Haiti et ses multiples ramifications dans l’histoire du sous-développement du pays. Au-delà de l’émotion et de la passion soulevées par cet article, à part l’idée juste de remboursement de la somme versée, y-a-t-il des leçons d’inspiration à tirer pour l’haitien d’aujourd’hui. Nous pensons que oui.

La première c’est que Boyer avait le choix de refuser l’ultimatum et d’aller en guerre, mais il ne l’a pas fait. C’est un cas de mauvaise compréhension de l’histoire des peuples et d’incompétence dans sa mission comme chef d’état. Boyer a surévalué la force réelle de la flotte française, parce qu’il ne s’est pas inspiré de l’histoire comparable de la flotte de Leclerc en 1802. Il a ignoré la réaction de Christophe qui a fait fusiller l’émissaire envoyé par la France dans le Nord pour venir demander des dédommagements et celle de Pétion qui a expulsé ceux venus dans l’Ouest. Boyer a sacrifié les intérêts à long terme du pays pour sauvegarder la soi-disant paix qui était l’intérêt à court terme.

La simple et importante conclusion qui s’impose est que la qualité des dirigeants d’un pays détermine son avenir. Le choix était entre ‘Mourir tous debout pour la Liberté’ ou ‘Pito nou lèd nou la’. Boyer a choisi Pito nou lèd comme philosophie de gouvernance qui est la doctrine de fonctionnement normale du système de la République de Port-au-Prince et la référence de la grande majorité des dirigeants haitiens depuis ce jour là. C’est cette attitude qui a rendu effective l’exercice d’extorsion de la France et c’est ce qui explique la rédition de notre souveraineté par nos dirigeants contemporains aux ambassades étrangères et au Core Group. 

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